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Acier de RERO

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Acier de  RERO
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  1. |Biographie|

     

    Au début du XXIème siècle, entre la fin du second millénaire et le début du troisième, le temps est venu de ré-établir le calendrier, le temps mâture d'une créativité qui choisit de dépasser le futur et de chevaucher le présent. Le temps de la solidarité entre les artistes et le corps social, le temps aussi des crises qui affectent la vitalité de la planète entière.

    L’art n’a pas pour objectif de résoudre les problèmes mais de générer des interrogations, mouvements de conscience sur plusieurs questionnements de notre monde.

    A partir de là, Rero qui appartient à la dernière génération, au travers de la nature écologique de la création artistique et de son besoin éthique, représente un signe de résistance morale, une volonté constructive de vie, de réflexion à l'égard de la dérive sociale et politique et d'un chaos qui est toujours irréversible.

    (…)

    Rero utilise l'écriture pour visualiser clairement sa pensée critique envers une réalité fuyante et irréductible. L'artiste français reprend une figure rhétorique remontant au maniérisme, l'oxymore, forme de cohabitation sémantique d'oppositions verbales utilisée au XVIème siècle et, en ce temps-là, propre à représenter la réalité contradictoire.

    Ici, Rero l'utilise pour chercher à pénétrer les principes fondamentaux de notre existence: la liberté, le progrès, la censure et l’autocensure, rayant des termes en opposition à de tels concepts qui mettent en danger la liberté des hommes.

    L'oeuvre de Rero n'est pas une simple intervention littéraire dans les espaces urbains, un exercice académique de pure réflexion rhétorique sur la morale collective. Mais plutôt l'usage public d'un procédé typique de l'art conceptuel résidant en un tissage entre image et parole capable de produire au final une lecture collective, à destination d'un public attentif qui repère sur les murs d'édifices et d'usines non pas des textes publicitaires mais plutôt des invitations à un entraînement mental.

    Parce que l'art, pour Rero, est un système d'alarme qui tente de réveiller le muscle atrophié de la sensibilité collective, une affirmation de complexité contre l'apologie consumériste des codes d'une vie passive. Voilà ainsi la célébration de l'oxymoron comme écriture publique qui réussit à restituer le sens de la problématique de la vie et à démasquer l'usage hypocrite de concepts universels en utilisant l’astuce freudienne de la dénégation : affirmer en niant.

    Rero réalise ainsi des séances de psychanalyse collective en offrant des formes visuelles qui oscillent entre art et littérature. De manière absolue, l'artiste utilise la simplicité graphique, l’épure visuelle d'un message explicite et didactique.

    La ligne qui barre l'écriture devient celle d'une frontière entre l'être et l’avoir été, l'expression d'une totale liberté que seul l'art peut apporter : affirmer en niant et vice versa.

    C'est là que résident les fondements de la valeur ultime de l'art, capable d'accueillir à l'intérieur de soi des concepts sémantiquement éloignés et contradictoires pour promouvoir une réflexion et une plus grande souplesse d'esprit pour public non-intentionnel qui transite volontairement ou involontairement devant les propositions de Rero. L'art conceptuel trouve de cette manière une extension en dehors des espaces d'expositions traditionnels et acquiert la possibilité de dialoguer avec l'architecture publique et privée, avec des usines industrielles, des agglomérations et des immeubles en ruine. Les dénégations visuelles de Rero créent un paradoxe ultérieur, restituent un ordre visuel et une dignité esthétique à des endroits désuets, abandonnés et oubliés. L'artiste trace son alphabet sur la peau d'une architecture complexe, forgeant la promesse d'un futur meilleur à travers un langage visuel auquel nous ne pouvons souhaiter qu’une longue durée.

    L’architecture du Centre Pompidou a été aussi le support de l'oeuvre « DO NOT CROSS THE LINE… », le marquage d'une frontière entre l'espace de la ville et celui consacré au musée, l'incitation à réduire la distance entre les formalités muséales et l'espace privé. Dépasser les distances et les intervalles est l'obsession poétique exaltée de Rero qui utilise l'acronyme WYSIWYG, c'est à dire What You See is what You get et qui signifie "ce que tu vois, c'est ce que tu obtiens". L'artiste veut ainsi signaler l'impossibilité des hommes à décider librement des rencontres qu’ils vont vivre dans leurs parcours urbains. L'arrivée d'Internet a complètement modifié notre approche publique et privée, le droit de censure, la propriété privée et le copyright de l’image.

    Pour Rero, l'utilisation systématique de la police Verdana, typographie la plus utilisée sur le web, est la démonstration de l'attention critique de l’artiste envers la toile et envers les campagnes publicitaires indésirables. A partir de là donc, la stratégie d’effacement pratiquée par l'artiste produit notamment à travers l’agrandissement visuel, un discours sur l'autocensure. Hautement éducative, l'oeuvre de Rero devient pour son public une invitation à acquérir une position d'interaction, fruit d'une prise de conscience que l'écriture macroscopique de l'artiste nous propose.

    De telle façon, le Graffiti gestuel et hédoniste américain et européen des dernières décennies du XXème siècle trouve là son dépassement. Désormais les artistes alphabétisés comme Rero utilisent d'une manière constructive des espaces en plein air. Contre la vanité adolescente des diffuseurs de Tag, griffes qui devraient délivrer de l'anonymat les signataires, bruits visuels pathétiques qui n'influencent pas l'hypocrisie collective de la ville.

    Rero, par ses interventions dans des espaces publics et privés, veut restituer à la contemplation de l’œuvre l’ordre esthétique et l’ordre moral.


    Voici donc la confirmation d'une prophétie de Picasso : "L'art pointé sur le monde".


    A présent en effet, l'art analytique, qui avait trouvé dans la deuxième moitié des années soixante et soixante-dix un grand développement en Amérique et en Europe, dépasse largement l'auto-référence conceptuelle de ces années-là où ce même art analytique réfléchissait uniquement sa propre identité et son statut linguistique. Aujourd'hui, dans cette seconde décennie du deuxième millénaire, "la chose mentale de l'art" (comme Léonard De Vinci la définissait) trouve finalement sa propre raison d'être, celle de produire un message social et la thérapie d'une jouissance collective qui restitue, contre toute simplification, la valeur de la complexité : celle du nous.

    (…) Extrait du catalogue de l’exposition : SUPERVISED INDEPENDENCE… à la galerie Wunderkammern, Rome, 2013

    Traduit de l’italien par Silvano Corsi et Catherine Carron-Pasquali

  2. |Photos|


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