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  1. |Biographie|

    Lin Felton a.k.a Quik est une légende du graffiti new-yorkais. Né en 1958, il s'est fait connaître en posant son nom sur les trains de New York et de sa banlieue... Interview ...

     

  2.  |Interview|

    Quand as-tu commencé le graffiti ?

    Quik - Quand j'avais 10 ans. Mais à l'époque, j'étais trop petit pour atteindre les trains, j'ai dû attendre deux ans avant de poser mon nom sur un train pour la première fois.

     

    Pourquoi avoir choisi les trains ?

    Je me suis blessé au bras en faisant du sport quand j''étais jeune. Je ne pouvais plus jouer au baseball ou au basket le week-end, je m'ennuyais. Le graffiti est alors devenu mon sport. En allant à l'école, je voyais les graffitis sur les trains. Ça a été un déclic, je me suis dit que c'est ce que je voulais faire moi aussi. Je voulais voir mon nom sur les trains.

     

    A quoi ressemblait tes journées de graffiti ?

    J'ai toujours été quelqu'un de très organisé, une organisation quasi-militaire. Quand je sortais pour taguer c'était comme si je partais en mission, et je ne voulais pas échouer. Je savais où taguer le lundi pour ne pas me faire prendre, où taguer le mardi, le mercredi, etc. J'étais très concentré. C'était vraiment comme en mission : entrer, faire le job, sortir, rentrer chez soi, et recommencer le lendemain.

     

    Où vivais-tu à l'époque ?

    Dans le Queens. Il n'y avait rien à faire, à part du sport. Un peu comme ici en France, dans vos banlieues. Il n'y a rien d'autre à faire que du sport pour les jeunes. Moi j'avais besoin de quelque chose d'autre. J''étais comme obsédé, j'allais souvent à Manhattan pour voir des films. Et je devais prendre le train pour y aller, c'est là que j'ai commencé à voir tous ces graffs sur les trains. De plus, ma grand-mère m'emmenait souvent voir les matchs des Yankees au Yankee Stadium (une des équipes de baseball de la ville de New York - ndlr). Et du stade, on voyait des trains passer. Je me suis retrouvé à regarder moitié le match, moitié les trains tagués. 


    Où est-ce que tu allais pour taguer ?

    Au dépôts de trains ou dans les tunnels. Je préférais les tunnels, et je préférais y aller seul. Encore une fois, c'était comme un exercice militaire pour moi, si j'y allais avec quelqu'un d'autre, il fallait que je lui fasse entièrement confiance, parce que c'était quelque chose de très dangereux. 

     


    C'était dangereux ?

    Complètement ! C'était insensé de faire ça. A cause des gens que tu peux rencontrer, de l'obscurité, des gens sont morts là-bas. tout ça pour peindre des trains, c'était dingue.


    Tu avais peur de mourir ?

    Non, j'étais bon. Une fois, j'ai fait une erreur. Je me suis retrouvé à un endroit où les trains passaient très rapidement et bien trop près de moi. Dans le métro, les trains ne vont pas si vite. Il faut faire attention quand on se retrouve entre deux trains. Ça crée une aspiration, c'est très dangereux. Il y a quelque chose dans New York, je ne saurais pas te l'expliquer, qui m'a rendu fou. Ce que je faisais, ce n'était pas quelque chose que les gens normaux faisaient. Pourtant, j'avais fréquenté des écoles normales, je pensais être un mec normal ! Je voulais faire de la chorale, du sport, je suis allé à l'université, j'ai travaillé pour IBM. Mais en même temps, j'avais cette autre vie, et cette autre vie me rendait plus heureux. C'était plus excitant.


    Tu avais besoin du graffiti ?

    C'était un équilibre pour moi. j'aiguisais mon côté créatif, j'étais jeune, je défiais la loi, c'était devenu un sport pour moi. J'ai même tagué sur un commissariat ! J'avais des couilles. Parfois, la police venait me chercher dans les tunnels. Je restais là, dans l'obscurité, à les regarder, ils n'osaient pas entrer. Ils devaient sûrement se dire : "Pourquoi risquer notre vie pour un taré qui tague des trains, c'est trop dangereux".

     

    Tu t'es déjà fait coincer par la police ?

    De nombreuses fois ! (rires)

     

    Qu'est ce qu'il se passait ?

    "Ne recommence plus à faire des graffiti la nuit prochaine !" Mais c'était devenu une addiction. Je ne pouvais plus m'arrêter, même si la police me chopait. Ils ne pouvaient plus m'arrêter.

     

    Tu as fait ça combien de temps ?

    Je le fais toujours ! Depuis plus de 40 ans maintenant.

     

    Tu as tagués des trains en France aussi ?

    Oui ! J'ai mêmes pris des photos... mais celles-là, je ne peux pas te les montrer, je continue à le faire parce que ça m'amuse toujours.

     

    C'est plus facile à Paris ou à New York ?

    C'est plus facile à New York, mais aussi en Hollande et en Allemagne. Ici, c'est pas simple du tout. C'est même encore plus dangereux.

     

    Tu peux décrire l'ambiance dans laquelle tu taguais ?

    C'était plutôt agressif. C'était comme un compétition sportive en fait. Le but, c'était de voir son nom sur les trains, plus que les autres. C'était très compétitif et même parfois agressif. Mais le New York de l'époque était agressif, on se battait, mais pas avec des flingues ou couteaux hein, avec nos poings.

     

    Futura 2000 a-t-il joué un rôle important dans ta carrière ?

    Futura était plus vieux que nous. C'était quelqu'un d'exceptionnel. J'ai un grand respect pour lui. Les gens étaient jaloux de lui. Sans lui, ou sans Revolt aussi, il n'y aurait jamais eu de Quik. Revolt c'était quelqu'un de très talentueux aussi. Futura nous a aidé à nous organiser. c'est probablement grâce à lui que nous sommes devenus des artistes. Il était plus vieux que nous, donc plus mature. Il avait réalisé que toute cette énergie créative qui nous entourait, nous cette bande de jeunes mecs de New York, pouvait se transformer en quelque chose. Je peux dire que je lui dois un paquet de choses. Des mecs, comme Blade, Lee ou Dondi, c'étaient probablement les meilleurs. Un mec comme Dondi n'a peint qu'une centaine de trucs, et c'était tout le temps aussi simple que génial. @Julien Rebucci pour lesinrocks.com - Mai 2014

  3.  |The Bronx in the 1980's|

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